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LA CHINE, BERCEAU DU THÉ...
La légende raconte qu'en 2737 avant J.C, l'empereur Shen Nung, père de la médecine chinoise, ordonne par mesure d'hygiène de consommer de l'eau bouillie. Alors qu'il en fait bouillir sous un théier sauvage, quelques feuilles tombent accidentellement dans sa tasse. Le breuvage riche en arômes l'apaise aussitôt.
Le thé et ses vertus thérapeutiques auraient à cet instant été découverts...
Dynastie Han (-206 à 220) : qu'il soit sous forme de médicament ou d'aliment dans les soupes, le thé est réservé à la Cour tant il est peu produit. On lui donne le caractère Cha (prononcé Tcha, utilisé depuis 3000 ans dans la pharmacopée chinoise).
Dynastie Nanbei (420-589) : le bouddhisme favorise la culture et la distribution du thé. Ses vertus stimulent les moines lors de la méditation. Apparaissent alors de nouvelles variétés et la codification de la préparation du thé.
Dynastie Tang (618-907) : pour faciliter l'usage et le transport, le thé est compressé. Les feuilles réduites en poudre sont mélangées à de l'eau bouillie et l'infusion se boit avec une pincée de sel ou des épices (girofle, gingembre, oignon, menthe poivrée).
Le maître de thé Lu Yu édite le Classique du thé (Cha Jing), ouvrage de référence, qui décrit la culture, la fabrication et les règles de dégustation du thé.
Dynastie Song (960-1279) : thé rime avec spiritualité et poésie. On raconte que les jeunes cueilleuses pinçent les bourgeons avec les ongles pour éviter que les feuilles ne s'imprègnent de transpiration... Apparaissent les thés en vrac. Les feuilles sont écrasées, transformées en poudre fine et battues avec un fouet en bambou dans l'eau chaude pour obtenir une mousse délicate.
Dynastie Ming (1368-1644) : un bureau de troc « thé contre cheval » est créé pour favoriser le commerce et inciter les paysans à le cultiver davantage. On développe la manufacture de céramique et des ustensiles nécessaires à l'art du thé chinois (le Gong Fu Cha) : théière et petites tasses sans anse.
Les feuilles entières sont désormais privilégiées au thé compressé. L'usage est de boire du thé vert associé à des fleurs.
Dynastie Qing (1644-1911) : on consomme également le thé noir et le Oolong. N'étant plus taxé par l'Etat, le thé devient produit de première nécessité.
ENGOUEMENT AU JAPON ...
En 809, le moine Eichû initie l'Empereur à ce breuvage chinois préparé à partir de feuilles réduites en poudre. Conquis, l'Empereur encourage le développement de nouvelles plantations.
Le moine Eisai introduit de nouveaux accessoires pour la consommation quotidienne. La mode du thé infusé, le Sencha, s'instaure. La pratique du Chanoyu se développe.
L'ARRIVÉE DU THÉ EN EUROPE ...
Les premières cargaisons sont débarquées à Amsterdam en 1606 par la Compagnie des Indes hollandaises.
En France à partir de 1636, le thé est réservé aux aristocrates pendant deux siècles tant il est cher. C'est en 1900 qu'ouvrent les premiers salons de thé parisiens.
La Cour Britannique importe le thé au milieu du 17ème siècle. Thomas Twining ouvre le premier salon de thé qui accueille pour la première fois la clientèle féminine.
En Angleterre, la Compagnie des Indes orientales détient pendant plus d'un siècle le monopole du commerce de thé chinois.
Si la Chine impose des règles draconiennes, l'Angleterre se défendra en envahissant le marché chinois avec de l'opium. Les deux guerres de l'opium viendront couronner la domination anglaise sur l'empire du Milieu.
Le commerce du thé prospère à cette période en Russie et en Amérique.
Après avoir éludé le secret de la manufacture du thé chinois, l'Angleterre vers 1820 développe la culture dans les jardins en Inde, à Darjeeling, en Assam et puis plus tard à Ceylan (Sri Lanka). A la fin du 19ème, le thé est implanté dans d'autres pays d'Asie, en Afrique et en Amérique du Sud plus récemment.