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CHA NO YU, la cérémonie du thé japonaise

Un petit tour des thés que l'on croise au Japon...

Le plus populaire, le Sencha ! Les meilleurs ne sont servis que pour de grandes occasions, ceux de qualité moyenne sont consommés chaque jour.

On reconnaît la qualité supérieure d'un Sencha à la couleur de sa liqueur (une fois les feuilles infusées) de plus en plus pâle. La subtilité et l'excellence de la saveur des thés de qualité supérieure sont obtenues par le refroidissement de l'eau chaude avant de procéder à l'infusion, on évite ainsi les saveurs astringentes ou amères.

Le plus raffiné, le Gyokuro (qui veut dire Perle de rosée) : il est servi habituellement aux visiteurs de marque. Il a l'apparence des thés Sencha supérieurs mais il possède une saveur plus forte, plus de goût et moins d'amertume dû au fait qu'au mois d'avril, quand apparaissent les premiers bourgeons, on recouvre les théiers d'une bâche pour les protéger du soleil. Puis on cueille à la main les feuilles les plus tendres. Le volume d'eau utilisé est inférieur de moitié à celui utilisé pour préparer le Sencha.

Pour la cérémonie du thé, le Matcha. Issu des plus belles feuilles séchées réduites en poudre (Sencha ou Gyokuro), on l'utilise pour le Cha No Yu ("Eau chaude du thé"). Cette cérémonie reflète la culture et l'âme japonaise en raffinement et convivialité.

Son fondateur, Murata Shûko, conçoit au XVème siècle une pièce à thé de quatre tatamis et demi décorée de calligraphies bouddhiques.

Au XVIème siècle, le célèbre Maître de thé Sen no Rikyu* établit définitivement les règles de cette cérémonie. Il enseigne que « le thé n'est rien d'autre que faire chauffer de l'eau, préparer le thé et le boire convenablement. C'est tout ce qu'il faut savoir ».
 
C'est dans cette simplicité que la difficulté de la Voie du thé se révèle. L'enseignement de la Voie du thé est donné par des maîtres, les "cha-jin" qui font de ce rite un art de vivre. Le maître de cérémonie doit accueillir en lui à chaque instant les quatre attitudes : le Wa (l'harmonie), le Kei (le respect), le Sei (la pureté) et le Jaku (la sérénité).
On ne peut bien préparer le thé que si l'on a un coeur pur, calme, sans émotion. Le thé reflète l'état intérieur de celui qui le prépare. Cette recherche de pureté et de simplicité ont influencé l'architecture japonaise, la décoration intérieure, la céramique, la peinture et l'art de la laque. 

Sen no Rikyû révèle « sept secrets » pour préparer la cérémonie :

Prépare un délicieux bol de thé
Place le charbon de bois afin qu'il puisse chauffer l'eau
Arrange les fleurs comme elles sont dans le champs
Évoque la fraîcheur en été et la chaleur en hiver
Devance en chaque chose le temps
Prépare-toi à la pluie même s'il ne pleut pas
Porte la plus grande attention à chacun de tes invités

Les invités entrent dans un jardin, roji, « terre humide de rosée», où leurs pas suivent des pierres plates posées de manière irrégulière et mènent vers un bassin de pierre sous un portique pour se purifier (mains et bouche).
Après avoir enjambé une porte basse symbolisant l'humilité, ils accèdent à la pièce de propreté, pour se déchausser, attendre tous les invités et libérer leur esprit.
Cette réunion de thé est une « communion » où chacun respecte le rite établi.
L'hôte invite ses convives à l'intérieur de la pièce centrale de la maison où le Kaiseki (collation) est servi, suivi de Namagashi, délicieuses pâtisseries et de l'instant du thé Koitcha. Le maître de cérémonie utilise chaque ustensile :
Le pot Natsame contenant le thé matcha, la cuillère à thé Chashaku et le Chasen, petit fouet en bambou.
Les invités partagent le même bol et savourent le thé en plusieurs fois avec recueillement. Puis l'hôte propose successivement un thé plus léger avec des Higashi, petites confiseries.

« Boire du thé implique la quête de la beauté des gestes, des objets et du coeur, que l'on offre à ses amis » (Maître Sogaku).

*Livre recommandé : Le Maître de thé, de Yasushi Inoué